Évoquer le passé de Neuilly-Sur-Suize en revient à réfléchir aux transformations sociales et économiques, à l'aménagement du terroir, conséquences de la proximité chaumontaise.

Implanté sur un site favorable à l'occupation des hommes, Neuilly Sur Suize connaît un développement constant. La présence d'éléments d'un habitat gallo-romain marque l'emprise originelle. Il est certain que Thibault IV, Comte de Champagne se rendit maître de la seigneurie de Neuilly Sur Suize au cours du XIIIè siècle. 

Puis diverses transactions interviennent, mais il faudra attendre le XVème siècle pour que l'instabilité médiévale prenne fin et coïncide avec l'affermissement de la puissance de la famille de Saint Belin comme le prouve la chapelle du Sépulcre de la basilique Saint-Jean-Baptiste de Chaumont, objet d'un don de Marguerite de Baudricourt appartenant à cette lignée.

Se succèderont comme seigneurs de Neuilly, les familles de Bussy-Sommyèvre, Perrin jusqu'à la période révolutionnaire où ce château fut acheté par Mammès Tisserand, curé du lieu, acquis aux idées nouvelles. La révolution en modifiant les données politiques, a bouleversé les structures sociales et économiques. 


Le Chatea
u et alentours sur le cadastre "Napoléon"

L'exploitation de la propriété du Seigneur doit dorénavant s'inscrire dans le circuit des échanges avec l'installation d'une usine probablement une tannerie au début du XIXème siècle. Quelques dizaines d'années plus tard, l'accent est mis sur sa rentabilité agricole qui justifie la demande d'Eugène Charles, Albert Lebreton, Comte d'Anglure, d'affermer des terrains communaux, pour augmenter la superficie des terres en cultures de 25 hectares. Mais cette expérience échoua puisqu'en 1888, le château et les biens en dépendant, seront cédés à Arthur Simon, marchand de biens ayant des attaches chaumontaises. Ce dernier ainsi que d'autres membres de sa familles, démembrèrent la propriété en procédant à la vente de certaines parcelles de terre.

Rue de l'Eglise       dessin eglise.jpg (49073 octets)

          Aquarelle d'après une carte postale du début du siècle   (J. Manteau)

 

La première guerre mondiale va mobiliser les énergies. L'entrée en guerre des américains, à partir de 1917,  contribuera efficacement à la victoire finale. Le Général Pershing installa son quartier au château du Val-des-Escholiers, près de Chaumont. A proximité, la situation du château de Neuilly Sur Suize présentait quelques intérêts et permit l'ouverture d'une école d'aumôniers américains durant trois mois environ. Les ecclésiastiques trouvaient là un repos bien mérité, après un séjour au front, ou avant leur montée vers les lignes, pour se préparer à leur mission auprès des combattants.

 

La Suize, quant à elle, a toujours été au centre de négociations et d'enjeux. En 1490, son utilisation s'apparente à la concession d'un droit d'usage et devient l'objet d'une réglementation consacrant la pérennité des soins dont elle fait et fera l'objet. La présence d'une rivière permettant l'installation de moulins, participe à l'enrichissement de la collectivité. Mais la nécessité d'une réglementation s'est imposée pour réguler l'utilisation d'un débit particulièrement irrégulier, caractéristique de la Suize dont le lit est souvent à sec. Un article  de Thierry, paru dans le bulletin de la Société d'Histoire Naturelle, atteste de l'ancienneté du phénomène. Il en reconnaît l'existence depuis le Moyen Age mais n'a pas été décrit avant le XVIème siècle. Il donna lieu du reste au XVIIème siècle à un procès entre les habitants de Crenay, Neuilly Sur Suize et "faubourg de Chaumont" contre Pierre Clerc, fermier de la Commanderie de Mormant, qui avait construit en 1709, une forge à Rochevilliers et détourné le cours de la Suize, privant d'eau "les habitants et les bestiaux".

 

La suize asséchée au cours de l'été

Vie au bord de la Suize au début du siècle.

De nombreuses autres procédures judiciaires ont été engagées au cours des décades qui suivirent pour s'éteindre dans les années passées avec l'amélioration de la distribution d'eau et la diminution de l'élevage.

Neuilly en l'an 2000, avec ses 380 habitants, offre l'image d'un village qui s'est adapté à la société de son temps, dépendant pour son évolution du destin du carrefour chaumontais, mais attirant un certain nombre de citadins par la qualité de la vie locale.

(Extraits de la Monographie de Neuilly Sur Suize "Neuilly Sur Suize à la lecture du passé" par Mireille Conia)

 L'ensemble de l'étude peut être consulté en mairie.


 

Étude sur la Toponymie et Microtoponymie,

autrement dit, des lieux-dits de Neuilly

 

 

Si vous êtes perdu, cliquez ici